Réforme des modes de garde : pourquoi les crèches sont-elles en grève ?

Les professionnels de la petite enfance manifestent contre le projet de réforme du gouvernement qui vise à augmenter le nombre de places en crèche. Selon eux, cette nouvelle mesure risque de se faire au détriment des conditions d'accueil et d'encadrement des enfants. On fait le point sur ce qui pourrait changer.

Réforme des modes de garde : pourquoi les crèches sont-elles en grève ?
© Anastasia Smanyuk-123rf

Emmanuel Macron avait annoncé qu'il augmenterait le nombre de places en crèche lors de sa campagne présidentielle. Une bonne nouvelle pour les parents qui ont du mal à inscrire leur bébé et qui optent le plus souvent pour un autre mode de garde. Mais les professionnels de la petite enfance s'inquiètent pour la prise en charge des enfants. Selon eux, cette nouvelle mesure risquerait de se faire au détriment du nombre d'encadrants, mais aussi de l'espace prévu pour les tout-petits. Par ailleurs, suite aux récentes manifestations organisées partout en France, l'association Pas de bébés à la consigne ! a été reçue par Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès d'Agnès Buzyn. Pour mieux comprendre le mécontentement des professionnels de la petite enfance, voici ce que prévoit le projet de réforme des modes de garde.

Ce qui pourrait changer pour les bébés :

Le taux d'encadrement. Actuellement, la loi prévoit en moyenne un encadrant pour 5 bébés (ceux qui ne marchent pas encore) et un adulte pour 8 enfants (les plus grands). Alors que les professionnels se disent déjà surchargés, ce critère pourrait être remplacé par celui de l'âge, à savoir : un adulte pour 5 enfants âgés de moins de 18 mois et un pour 8 enfants lorsqu'ils ont plus de 18 mois. Autre possibilité envisagée : celle de prévoir un adulte pour six enfants, et ce quel que soit leur âge.

Les surfaces d'accueil. Le projet de loi pourrait aussi modifier les normes d'espace des tout-petits. Une crèche nécessite une surface minimale de 7m2 par enfant, mais il se pourrait qu'elle passe à 5,5m2 si l'on augmente le nombre d'enfants. La secrétaire d'État a précisé que cette surface réduite serait néanmoins "complétée par une surface intérieure ou extérieure d'activités de 2m2 par enfants" dans les zones à forte pression foncière. Mais pour l'association Pas de bébés à la consigne !, cela ne suffit pas. "Ce sont dans les salles habituelles de vie que les enfants passent la plus grande part de leur journée. De plus, ce changement concernerait 604 communes pour plus de 22,6 millions d'habitants selon les données INSEE... C'est pourquoi nous avons rappelé notre attachement à la surface minimale de 7m2 par enfant en tout point du territoire" précise l'association dans un communiqué du 24 mai.

Ces mesures risquent en effet de se répercuter sur le bien-être et l'accueil des tout-petits placés en crèche, tant au niveau des activités, de l'alimentation ou des apprentissages, estiment les spécialistes. Pour l'heure, le gouvernement devrait trouver un terrain d'entente avec les professionnels de la petite enfance d'ici le 15 juillet prochain, tandis que l'adoption des ordonnances est prévue au plus tard en février 2020.

Réforme des modes de garde : pourquoi les crèches sont-elles en grève ?
Réforme des modes de garde : pourquoi les crèches sont-elles en grève ?

Emmanuel Macron avait annoncé qu'il augmenterait le nombre de places en crèche lors de sa campagne présidentielle. Une bonne nouvelle pour les parents qui ont du mal à inscrire leur bébé et qui optent le plus souvent pour un autre mode de garde...