10 choses à savoir sur les coliques du nourrisson

Ce n'est pas parce qu'ils pleurent que les bébés souffrent systématiquement de coliques. Ils ont parfois besoin d'être rassurés, tout simplement. Alors comment reconnaître les signes d'une colique ? A quel âge disparaissent-elles ? Que faire et quand consulter ? Réponses de Catherine Salinier, pédiatre.

10 choses à savoir sur les coliques du nourrisson
© hannamariah-123rf

A la naissance, les bébés pleurent et crient. S'il s'agit de leur manière de s'exprimer, les parents se sentent souvent désemparés lorsqu'ils ne parviennent pas à les consoler. Inquiets, ces derniers ne savent pas toujours comment soulager et calmer leur nouveau-né. Pour autant, "les cris du nourrisson ne sont pas toujours synonymes de coliques", rappelle la pédiatre Catherine Salinier. "Le plus souvent, l'enfant appelle sa maman, il a besoin d'être apaisé, rassuré, et demande à ce qu'on le prenne dans les bras, tout simplement", précise-t-elle. Or, "on cherche toujours une raison médicale à des manifestations qui sont souvent comportementales, et dès qu'un bébé crie, on dit qu'il a mal". Résultat : "lorsque qu'une maman donne le sein, l'allaitement est mis en cause et quand le bébé prend le biberon, c'est la valse des laits", déplore la spécialiste. "Je pense que les coliques ne sont qu'une cause rare de tous les cris du nouveau-né". Alors quels sont les signes d'une colique ? Jusqu'à quel âge les nourrissons peuvent-ils en avoir ? Que faire et à quel moment consulter son pédiatre ? 

"On ne doit pas confondre cris et coliques"

Les premiers jours, l'enfant est sage, et se met à crier vers 15 jours. En effet, "le bébé s'éveille à la vie, il n'est absolument pas autonome. Après avoir passé neuf mois dans le ventre de sa maman à entendre les bruits de son cœur, à sentir son odeur via le liquide amniotique, ou à être bercé en permanence au rythme de ses pas, l'enfant doit alors s'adapter à son nouvel environnement", rappelle Catherine Salinier. Il ne faut donc pas hésiter à prendre son bébé dans les bras pour le rassurer, dès qu'il appelle papa ou maman. Par ailleurs, il est tout à fait normal qu'un bébé pleure les premières semaines (en moyenne deux heures par jour). Rien de sert donc de s'alarmer. "Les coliques ne sont pas une fatalité", rassure-t-elle. Les cris du nourrisson sont avant tout un problème d'ajustement de la relation de ce bébé à son environnement. 

Coliques : jusqu'à quel âge ?

Les coliques du nourrisson surviennent généralement au cours des premières semaines qui suivent la naissance de l'enfant (environ deux à trois semaines). "Si les cris s'estompent vers trois mois, c'est souvent parce que la maman est suffisamment rassurée pour prendre un peu de distance par rapport à ses cris, et que le bébé a la capacité d'attendre, qu'il peut regarder autour de lui, jouer avec ses mains, qu'il gazouille et fait du bruit. A ce moment là, le bébé a plus d'autonomie et donc moins besoin d'être sans arrêt pris dans les bras ou remis au sein... Et il se trouve que "miraculeusement", les coliques s'estompent", ajoute la pédiatre.

Comment se manifestent les coliques du nourrisson ? 

Comme son nom l'indique, une colique fait référence au côlon. Le bébé tête et environ une demi-heure après, au moment où la digestion commence, il se met à pleurer. Ses cris sont prolongés et intenses. En outre, les coliques sont associées à des gaz. Le bébé se tord, ses selles sont un peu vertes et explosives (il s'agit de selles de fermentation). Il a souvent un érythème fessier car les selles sont érosives pour la peau. Néanmoins, il est nécessaire de rappeler que les enfants qui souffrent de coliques sont en bonne santé. Ils n'ont pas de fièvre ni aucun autre signe infectieux. Par ailleurs, leur appétit n'est pas modifié. Ils continuent ainsi à bien se nourrir et ne maigrissent donc pas. 

Coliques : quelles sont les causes ?

Rappelons que les coliques du nourrisson sont essentiellement liées aux repas de bébé ainsi qu'à sa digestion. Lorsque le bébé souffre de coliques, il s'agit en général d'une fermentation au niveau du tube du côlon. En effet, l'allaitement maternel est particulièrement riche en lactose et peut fermenter, tout comme certains laits artificiels. 

Que faire si bébé est allaité ? 

Si la maman allaite et que le nourrisson a des coliques, "il est préférable de donner deux ou trois fois le même sein, car lorsqu'il est plus vide, le sein a un lait plus gras, et est donc moins lactosé", conseille la pédiatre. Par ailleurs, si le bébé est nourri au lait artificiel, il faut alors choisir un lait moins riche en lactose, en demandant conseil à son médecin.

Quand consulter ?

"Il ne faut jamais rester seul et toujours consulter un professionnel de santé lorsque les cris deviennent "insupportables". Si la maman ou le papa ne supporte plus les cris de son enfant, il faut se rendre chez un médecin disponible, qui prend le temps de bien analyser à quels moments le bébé crie, et qui mesurera l'état d'exaspération du parent", recommande Catherine Salinier. C'est ensuite au médecin de poser un diagnostic et de déterminer s'il s'agit ou non de coliques du nourrisson. En fonction, il pourra alors conseiller et orienter les parents sur l'alimentation du nouveau-né. Par ailleurs, "tant que l'enfant peut être calmé, ce n'est pas la peine de consulter". 

Coliques et probiotiques

Certains disent que les probiotiques permettent de diminuer les pleurs de bébé, mais peu d'études probantes démontrent cette théorie. D'autant qu'il existe de multiples probiotiques. On ne peut donc pas affirmer qu'en donnant des probiotiques à son enfant, il va aller mieux, les mamans risquent d'être déçues. Il faut vraiment que cela soit lié à un problème digestif et c'est encore une fois le médecin qui pourra poser son diagnostic.

Coliques et ostéopathie

Consulter un ostéopathe est-il efficace pour soigner une colique ? Non, répond Catherine Salinier. "Je ne vois pas comment des manipulations abdominales pourraient diminuer quelque chose qui est considéré actuellement comme une fermentation", déclare la pédiatre. D'ailleurs, de nombreuses mamans consultent un ostéopathe, sans pour autant que cela calme l'enfant, qui continue de pleurer, remarque-t-elle en consultation. "En revanche, s'il ne s'agit pas de coliques, mais d'un trouble comportemental, tout intervenant empathique, qui va manipuler le bébé et rassurer la maman, peut aider l'enfant", ajoute-t-elle.

Que faire pour soulager son bébé ?

Parfois, en raison du contexte (travail, stress...), les parents ne sont pas toujours en capacité d'apporter la sérénité dont l'enfant a besoin. "Je pense qu'une maman qui se veut rassurante et apaisante, qui prend son bébé contre elle, peut diminuer les risques de voir son enfant souffrir de "coliques", souligne la spécialiste. Elle recommande dans un premier temps de respecter les besoins fondamentaux du bébé (rythme du bébé, proximité et contact avec sa maman, être au calme pour le rassurer), et d'éviter de changer de lait sans arrêt. "Il est essentiel de se consacrer exclusivement à son bébé durant les trois premiers mois", insiste la pédiatre. 

Les bons gestes. Si votre bébé boit son biberon un peu trop vite, ou que le lait est trop froid, il risque de se tordre pendant le repas, de la même manière, lorsqu'un adulte mange rapidement et en grande quantité. Il est donc recommandé de chauffer le lait artificiel (le lait maternel est à 37°), de le donner dans le calme et très lentement (un biberon se boit au minimum en 20 minutes), de faire des rots et des pauses. Aussi, pour éviter que l'enfant boive à toute vitesse, "positionnez le biberon à l'horizontal". Rappelons néanmoins que ces bons gestes évitent les douleurs durant le repas (ou quelques minutes après), tandis que les douleurs liées aux coliques interviennent une demie-heure après la tétée.

Un biberon anti-coliques

Si votre bébé souffre de maux de ventre, sachez qu'il existe des biberons "anti-coliques" efficaces pour leur éviter d'ingérer de l'air en prenant leur lait. Si certaines marques développent des modèles spécifiques, d'autres permettent aux parents d'adapter les tétines. Concrètement, les biberons anti-coliques (Tommee Tippee, Philips Avent ou encore Mam, etc.) sont munis d'une valve qui évite à l'enfant d'avaler de l'air et de subir des coliques gazeuses à répétition. Ainsi, les bulles d'air ne se forment pas et le lait s'écoule correctement lorsque le nouveau-né tète. Ces biberons sont aussi utiles pour les bébés allaités au sein, qui passent à l'allaitement mixte. En effet, la plupart des biberons imitent le sein maternel, par leur forme incurvée ou leur texture en silicone, comme le nouveau biberon zéro zéro de Suavinex, qui dispose par ailleurs d'un système unique breveté de poche anti-coliques qui se rétracte au fur et à mesure que le bébé boit son biberon.

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