5 questions sur le redoublement à l'école

Un projet de décret visant à favoriser le redoublement est à l'étude. Alors que cette procédure était jusqu'à présent "exceptionnelle", Jean-Michel Blanquer pourrait l'assouplir d'ici la rentrée 2018. Explications.

5 questions sur le redoublement à l'école
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Suite à un décret de novembre 2014, l'ancienne ministre de l'Education Najat-Vallaud Belkacem avait rendu le redoublement possible qu'en cas exceptionnel, c'est à dire après une longue période d'arrêt maladie, un échec au bac, ou encore à la demande de la famille. Le gouvernement souhaite aujourd'hui revenir sur cette pratique exceptionnelle, en facilitant, au contraire, le redoublement à l'école. Un projet de décret est examiné ce jeudi 14 décembre devant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) pour entrer en vigueur dès l'année 2018. On fait le point sur ce qui va changer. 

Pourquoi rétablir le redoublement à l'école ? Ce décret redonne la possibilité aux enseignants de proposer un redoublement à l'enfant s'ils estiment que son niveau n'est pas suffisant pour passer de classe. Pour certains professeurs, redoubler est parfois nécessaire et certains le considèrent comme un outil de lutte contre l'échec scolaire. Sabrina, dont les trois enfants ont redoublé, précise sur le forum du journal des femmes, que "cela leur a permis de reprendre confiance en eux". Même son de cloche pour Lekabilien qui estime que "plonger un enfant dans des choses plus difficiles alors qu'il n'a pas le niveau risquerait de le mettre très vite dans un état de stress".

Le redoublement est-il vraiment efficace ? Selon l'étude du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) datant de 2015, le redoublement n'a pas d'effet sur le long terme sur les performances scolaires des élèves. Les résultats ont même montré que les redoublements en France étaient bien plus nombreux que dans les pays européens, qui affichaient pourtant des résultats scolaires supérieurs. Tout dépend donc de l'élève, et les redoublements devront se faire au cas par cas.

Comment cela va-t-il se passer ? L'établissement scolaire ou le conseil de classe pourra proposer un redoublement en cas de besoin, quelle que soit la classe de l'élève. Le texte précise que "dans le cas où le dispositif d'accompagnement pédagogique mis en place n'a pas permis de pallier les difficultés importantes d'apprentissage rencontrées par l'élève, un redoublement peut être proposé par le conseil des maîtres".

Le redoublement sera-t-il imposé ? Non, les parents auront le dernier mot. S'ils ne sont pas d'accord, ils pourront faire appel et faire passer leur enfant dans la classe supérieure.

Quel accompagnement pour l'élève ? Le gouvernement tient à ce que les collégiens et lycéens bénéficient d'un accompagnement spécifique en cas de redoublement. "Le conseil de classe pourra alerter en cours d'année sur un risque de redoublement, il proposera alors un accompagnement à l'élève (stage, tutorat…) et, s'il y a malgré tout un échec, le chef d'établissement pourra in fine décider d'un redoublement en fin d'année", précise le décret. 

Reste que la possibilité de décider du redoublement d'un élève au milieu d'un cycle inquiète certains syndicats d'enseignants. "On sait pertinemment que nous n'avons pas les moyens humains et financiers pour mettre en place un tel accompagnement", précise au Parisien Valérie Sipahimalani, porte-parole du Snes.

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