Aider les adolescents face aux troubles de l'alimentation

Les changements physiques et psychologiques conduisent parfois les adolescents à entretenir un rapport compliqué avec leur alimentation. Une attitude qui lorsqu'elle perdure peut s'avérer dangereuse pour leur santé et leur bien-être psychique. Face aux signes probables de troubles alimentaires, comment réagir en tant que parents pour bien accompagner son enfant ?

Aider les adolescents face aux troubles de l'alimentation
© Ian Allenden - 123 RF

Anorexie, boulimie, hyperphagie : en France, les troubles du comportement alimentaire (TCA) concernent 600 000 jeunes. Touchant majoritairement les filles, ces troubles sont parfois difficiles à appréhender pour les parents. Face aux signes d'alerte, ils se sentent souvent démunis, éprouvant à la fois inquiétude et culpabilité. Bien comprendre cette problématique s'avère nécessaire pour eux, afin qu'ils puissent accompagner leurs enfants dans les meilleures conditions.

Décrypter les signes d'alerte des troubles alimentaires

Durant l'adolescence, il n'est pas évident pour les parents de faire la distinction entre des comportements jugés classiques et ceux dissimulant une vraie problématique. Les émotions sont démultipliées et les jeunes peuvent être régulièrement à fleur de peau. Certains signes peuvent toutefois mettre la puce à l'oreille.

Réactions émotionnelles excessives et récurrentes

Lorsqu'un adolescent souffre de TCA, il devient particulièrement difficile pour lui de gérer ses émotions. Soit parce qu'il ne trouve pas d'énergie suffisante pour y faire face, soit parce que les ressentis sont trop intenses pour pouvoir les apaiser (honte, culpabilité). Les parents peuvent remarquer une tristesse s'installer chez leur enfant ou de l'irritabilité apparaitre. Ils peuvent aussi être confrontés à des crises de pleurs ou de colère qu'ils ne comprennent pas. Bien sûr, ces éléments doivent être considérés dans un contexte plus global où d'autres signes viennent conforter la piste des troubles alimentaires comme par exemple le rapport de l'adolescent à son image.

Obsessions quant à l'apparence

Face aux modifications morphologiques provoqués par la puberté, l'adolescent peut rencontrer des difficultés à se reconnaître dans son nouveau corps. C'est à ce moment que les complexes sont susceptibles d'apparaître. L'adolescent qui focalise sur une ou plusieurs parties de son corps cherchera parfois à résoudre le problème en contrôlant son alimentation et son poids. Cela se traduira par une attention particulière de l'adolescent pour le contenu de ses assiettes, par le fait de sauter des repas, de se peser ou encore d'effectuer du sport de façon excessive.

La pression sociale et les influences culturelles peuvent aussi jouer un rôle non négligeable et venir nourrir l'obsession que l'adolescent porte à son apparence. C'est à travers les propos qu'il tiendra sur son corps et sur ses idéaux physiques que les parents pourront confirmer ou infirmer leurs doutes. Et une fois de plus, pris de façon isolés, ils ne traduisent pas nécessairement des troubles alimentaires. Le point de vigilance se fera avant tout sur le rapport que l'adolescent entretiendra avec son alimentation.

Rapport compliqué à l'alimentation

Les indicateurs les plus alarmants sont présents lorsque l'adolescent cherche à contrôler de façon extrême et systématique son alimentation. Il suit des régimes, déclenche des vomissements, consomme des diurétiques et laxatifs afin de ne pas grossir. En fonction du trouble, certains jeunes sont pris de frénésies alimentaires suivies ou non de purges. Constater que son enfant ne grandit pas ou peu en pleine période d'adolescence peut également alerter, car il s'agit d'une conséquence de la malnutrition.

Comment venir en aide à son enfant ?

De nombreux parents se sentent déstabilisés en apprenant que leur enfant souffre de troubles alimentaires. Ils doivent affronter leurs peurs, leur colère ou leur culpabilité. Toutes ces émotions risquent néanmoins d'être rejetées en bloc par l'adolescent d'autant plus si elles s'accompagnent de reproches. Il est pourtant urgent que le message de soutien des parents soit entendu par l'adolescent.

En étant parfois simplement à l'écoute ou rassurant, l'adolescent sera plus à même de se confier sur les difficultés qu'il rencontre et d'accepter d'être suivi par un professionnel de santé.

Echanger sur l'accompagnement médical

Evoquer l'accompagnement médical à son enfant est extrêmement délicat. Pourtant cette étape est nécessaire car les risques pour la santé de l'enfant sont réels. Pour éviter à l'adolescent de se renfermer et de refuser les soins, il faudra faire preuve de tact et de bienveillance. D'où la nécessité de s'adresser en parallèle à des professionnels de soins compétents et à l'écoute.

Faire appel à un sophrologue spécialisé

En complément d'un accompagnement médical, la sophrologie s'avèrera extrêmement bénéfique à l'adolescent qui cherche à se réconcilier avec son image et son corps. Au fil des séances, l'adolescent pourra prendre conscience des émotions liées à son comportement alimentaire. Ainsi, il sera plus facile pour lui de contrer les automatismes installés.

Grâce à un travail sur les ressentis, il pourra également réapprendre à vivre ses repas dans de bonnes conditions, à apprécier les saveurs, à ressentir à nouveau la faim et la satiété. Les séances de sophrologie lui proposeront aussi un espace d'échange confidentiel pour qu'il puisse s'exprimer en toute confiance.

Mais la méthode pourra aussi être utile aux parents inquiets qui se sentent dépassés par la problématique. Elle les aidera à calmer leurs angoisses et à gérer les émotions comme la peur, la tristesse ou la culpabilité.

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Article proposé par Catherine Aliotta. Présidente de la Chambre Syndicale de la Sophrologie, elle est également directrice de l'Institut de Formation à la Sophrologie (Paris) et auteure de plusieurs livres.