Princesse Sarah nous fait pleurer sur Netflix

Avis aux nostalgiques des dessins-animés qui donnent le bourdon : la série d'animation japonaise Princesse Sarah débarque sur Netflix.

Princesse Sarah nous fait pleurer sur Netflix
© Princesse Sarah disponible sur Netflix Capture d'écran Instagram @la.maison.de.vincent

Bien avant Charlene de Monaco, fin XIXe, une autre princesse très très triste aux yeux clairs et au teint blanc a marqué une génération d'écolières. Comme Kate Middleton, elle était belle et britannique. Elle s'appelait Sarah (elle aimait sa poupée, elle aimait ses amies, lalala), elle n'avait pas de maman, mais un papa très riche qui après lui avoir offert une enfance de rêve et sans nuage en Inde, a préféré l'inscrire dans un pensionnat d'excellence, sous le ciel gris de Londres. Mais voilà, à l'époque victorienne, l'attendait un destin encore plus cruel que celui de Meghan Markle...

Alors que la jeune et jolie aristocrate aux cheveux bleus est gentille et douce avec tous, aussi sympa avec les gamines du gotha qu'avec le petit personnel, c'est la déconfiture: la demoiselle perd tout à la mort de son daron.

Disparue, la fortune familiale. Finis, les honneurs du corps enseignant, le confort douillet, la chambre chauffée, le lit queen-size et les privilèges dus à son rang...

L'orpheline devient la boniche de la redoutable et tyrannique directrice Gertrude Mangin et le souffre-douleur de la garce Lavinia (qui malgré un physique moins ingrat, ferait passer la mauvaise Nellie Oleson de La Petit Maison dans la Prairie pour la Fée Clochette et, ses copines, les demi-sœurs de Cendrillon pour des Bisounours...).

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Réduite en esclavage, les larmes aux yeux, les anglaises filasses, mais toujours le cœur à l'ouvrage, notre héroïne en guenilles va alors s'évertuer à nous foutre le cafard pendant 46 épisodes de 24 minutes.

Diffusée en 1987 sur La Cinq (de Berlusconi), dans "Youpi, l'Ecole est finie", une émission insidieusement programmée le dimanche à 7h du matin, la série japonaise réalisés par Fumio Kurokawa et adaptée du roman La Petite Princesse de Frances Hodgson Burnett reste pourtant mon premier souvenir d'addiction à la télévision.

D'identification à un personnage, aussi. (Au point de faire des réserves de petits pains ronds en cuisine, de stocker des boites d'allumettes pour les jours de disette, de ranger au placard la baguette magique de Gigi et de m'entraîner à marcher avec les sabots en bois… que j'avais depuis la saison 1 de Heidi).

Oui, c'est vrai que dans le genre dessin-animé mélo, j'avais déjà cultivé ma mélancolie (du prince des collines) devant le manga de genre orphelinat avec Candy, réclamé chiens et chats pour faire la manche comme Rémi Sans Famille et rêvé avec Clémentine (paraplégique) que j'allais combattre la peste bubonique au Moyen-Âge...

Mais alors que dans les mésaventures de la Petite Princesse Sarah Crewe il n'y a ni raton-laveur (la pauvresse doit tout nettoyer toute seule) ni singe savant ni fauteuil-roulant, j'ai été médusée par la tristesse de cette Altesse sans le sou.

Cultiver le désespoir et m'appesantir devant le sort et les malheurs de la docile et déprimante Sarah, cela m'a aidé… à rebondir!

Entre le CP et le CE1, j'ai tout misé sur... le sport, enfin, le ballon, toujours dans la lucarne. Jeanne et Serge, coup de foudre au match de volley-ball. J'ai essayé de jouer la jeune fille qui a du punch (et un short moulant), mais sans talent... Alors, guitare en bandoulière, blouson en cuir et niaiserie face aux garçons, c'était parti pour la musique au son de Lucile, Amour et Rock'n'roll…mais est-ce vraiment fini ?