Coup de cœur immense pour LA FAVORITE, bijou excentrique au ciné le 6 février

Coup de génie, coup de folie, coup de maître, Yorgos Lanthimos nous projette avec majesté dans l'Angleterre de la reine Anne Stuart. "La Favorite" est un émerveillement, un trésor baroque enjoué, mis en lumière par les dorures du Palais et les drapés des robes d'époque. Réalisation léchée et relations saphiques : Olivia Colman, Emma Stone et Rachel Weisz illuminent cette outrance magnifique. On jubile de voir ces femmes se séduire, se détester, se rebeller... et les hommes de la cour en faire belles jambes...

Coup de cœur immense pour LA FAVORITE, bijou excentrique au ciné le 6 février
© Twentieth Century Fox
  • Coup de cœur pour...

 La Favorite de Yórgos Lánthimos 

Nous sommes aux prémices du XVIIIe siècle. Tandis que l'Angleterre et la France se font la guerre, la vie à la cour ne boude aucune habitude. On danse, on enfile de beaux vêtements, on déguste des aliments hors de prix et on s'esclaffe devant de bonnes vieilles courses de canards. Au milieu des tapisseries, des robes bouffantes et d'une aristocratie de cristal, la reine Anne (Olivia Colman, avec 16 kilos en plus) occupe son trône avec le fracas de son caractère instable et cyclothymique. Elle peut néanmoins compter sur Lady Sarah (Rachel Weisz), sa fidèle alliée, qui l'assiste au quotidien pour ses décisions intimes comme nationales. Un équilibre politico-affectif bientôt mis à mal par l'arrivée d'une nouvelle servante, Abigail Hill (Emma Stone), prête à tout pour gravir les cimes de l'ascenseur social. Le cinéaste Yórgos Lánthimos investit ce trio jubilatoire avec toute la causticité et la méchanceté de son cinéma, lui qui avait brillé à Cannes grâce à The Lobster (prix du jury en 2015) et Mise à mort du cerf sacré (prix du scénario en 2017). Bonne nouvelle : contrairement à ses précédentes réalisations, La Favorite a le mérite d'être facile d'accès. Enjoué, le film dynamite en effet les codes du drame historique, tordant le cou aux académismes avec un culot corrosif et réjouissant. Grand prix au Festival de Venise et détenteur de 11 nominations pour les prochains Oscars, le long métrage croque jusqu'au sang la chair des mœurs de l'époque, faisant la part belle aux secrets et aux coups bas. Visuellement sublime –mention spéciale pour les décors et les costumes–, le résultat doit surtout sa réussite foudroyante à l'alchimie qui auréole ses trois comédiennes en état de grâce. Leur foi totale en leurs personnages est une bénédiction. Mehdi Omaïs
La Favorite de Yórgos Lánthimos avec Olivia Colman, Rachel Weisz et Emma Stone (durée 2h00)

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 Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau 

La génération du Club Do' en était gaga. Souvenez-vous : au début des années 90, la série animée Nicky Larson, d'après le manga City Hunter du Japonais Tsukasa Hōjō, faisait les beaux jours de la génération Y. Parmi ses fans ? L'acteur et réalisateur Philippe Lacheau, devenu le nouveau pape de la cash-comédie française avec les succès de ses deux Babysitting, d'Alibi.com ou du médiocre Epouse-moi mon pote. Animé par une motivation de tous les instants, ce dernier a décidé de faire renaître le détective privé culte sur grand écran dans une adaptation baptisée Nicky Larson et le parfum de Cupidon. Mission du héros ? Mettre la main sur un flacon de parfum qui rend irrésistible toute personne qui s'en asperge. Sans être aussi mauvais que ses deux précédents opus, Lacheau, qui s'est également glissé sous les traits (trop lubriques) du héros, filme les scènes d'action avec une certaine efficacité et un panache inattendu. Mais sa bonne volonté ne masque en rien la balourdise d'une succession de situations clownesques aussi caduques les unes que les autres, avec notamment l'apparition d'une Pamela Anderson immortalisée comme une femme-objet. Humour faussement régressif, dropping inutile de stars (Gérard Jugnot, Medi Sadoun, Audrey Lamy ou Chantal Ladesou), scénario simpliste… La cible est manquée. Mehdi Omaïs
Nicky Larson et le Parfum de Cupidon de Philippe Lacheau avec Philippe Lacheau, Elodie Fontan et Tarek Boudali (durée : 1h31)