"Mon dernier rapport sexuel, c'était avec une femme... enfin un couple" (Léa, 25 ans)

En 2019, nous avons décidé d'interroger des femmes, comme vous, comme moi, afin qu'elles nous racontent leur dernier rapport sexuel. Pour Léa, 25 ans, c'était au mois de mars. La jeune femme a rencontré un couple d'Américains richissimes à Paris et la soirée a pris une tournure inattendue. Et ça s'est passé comme ça...

"Mon dernier rapport sexuel, c'était avec une femme... enfin un couple" (Léa, 25 ans)
© 123RF

J'ai une copine qui fréquente les beaux quartiers et a de l'argent à n'en plus finir. Elle est issue d'une une famille aisée. Ce qui ne l'empêche absolument pas de bosser en parallèle de ses études et d'avoir le sens des réalités. Seulement, avec elle, on ne se prive pas, et puisque je n'ai pas son niveau de vie, elle se montre plutôt généreuse. J'adore la suivre, j'adore m'habiller avant de sortir dans des endroits chics, j'adore siroter des cocktails complètement improbables.
Un soir, mi-mars, on trainait donc dans le très chic VIe arrondissement de Paris, dans un bar guindé. Il n'y avait que du beau monde, mais aussi beaucoup d'étrangers. Alors que les lieux allaient fermer, nous avons sympathisé avec un couple d'Américains, à Paris pour deux semaines en voyage de noces. Ils roulaient sur l'or. Ça se voyait à leur allure, leurs vêtements, et aux bouteilles de champagne qu'ils se payaient et enchainaient. 

"Elle m'a dit qu'elle me trouvait très jolie, que j'avais un charme à la française"

C'était très sympa d'échanger avec eux. A la fermeture, ils nous ont proposé de poursuivre la soirée "qui ne faisait que commencer" dans leur hôtel à deux pas. Un hôtel de luxe. Je ne me sentais pas à ma place. J'avais le sentiment d'être un éléphant dans un magasin de porcelaine, de manquer de délicatesse, mais il faut dire que la terrasse de leur chambre, pourvue d'un jacuzzi et d'une vue magnifique sur la capitale, m'a séduite et détendue. Après tout, c'était fun.

L'homme, d'une quarantaine d'années, a commandé du champagne. Pendant ce temps, ma copine et moi, on discutait avec sa femme, la trentaine je pense. Elle m'a dit qu'elle me trouvait très jolie, que j'avais un charme à la française. J'étais hyper flattée. C'est tout bête mais ça fait vraiment du bien ce genre de compliment.

On a alors bu du champagne. Les Américains nous posaient plein de questions sur nos vies à Paris, sur nos études, sur la culture française. C'était vraiment chouette. Une soirée, ou plutôt une nuit, complètement hors du temps.

"La nana s'est déshabillée, a simplement gardé sa culotte, s'est dirigée sur la terrasse"

Puis ma copine a fini par annoncer son départ. Elle voulait rejoindre d'autres amis. Je ne comptais pas la suivre, ce n'était pas prévu. Il était temps que je rentre chez moi. Mais je n'en avais pas très envie. J'étais bien, là, à partager un moment déconnecté de mon quotidien. Et puis l'Américaine m'a convaincue de rester. Elle m'a dit qu'on était bien, que je pouvais encore prendre un verre, alors je me suis laissé tenter. Elle m'a offert une bague. Non pas sa bague de mariage, mais une autre bague qu'elle portait, car ses mains en étaient pleines. J'ai refusé mille fois, mais elle a insisté en me disant que je la vexais. C'était gênant.

Mon amie est donc partie. A peine a-t-elle salué et remercié le couple, que la nana s'est déshabillée, a simplement gardé sa culotte, s'est dirigée sur la terrasse en franchissant la baie vitrée ouverte, et a plongé dans le jacuzzi. Je n'ai pas pu m'empêcher de l'observer. Elle était très belle. Je n'ai jamais été attirée par les femmes, du moins pas particulièrement et pas dans ma réalité. Mais dans la liste de mes fantasmes, coucher avec une femme est en tête. Enfin, de là à sauter le pas… Bref, je me posais mille questions à la seconde alors même qu'il ne se passait strictement rien. Simplement, une jolie femme était en train de flirter avec des bulles sous le beau ciel de Paris. 

"On aurait dit un début de film porno, c'était n'importe quoi"

Son mari m'a alors regardée et m'a dit : tu peux la rejoindre si tu veux. Enfin en anglais. J'ai pouffé. L'alcool, je pense, mais aussi l'incongru de la situation. Franchement, on aurait dit un début de film porno, c'était n'importe quoi. Sauf que lui, il était très sérieux, et que sa femme a confirmé l'invitation en me lançant un "come on".

Je n'arrive même pas à expliquer comment, et pourquoi, mais j'ai fini par retirer ma robe, mes collants. En sous-vêtements, je suis entrée dans le jacuzzi. J'étais assez mal à l'aise, mais c'était quand même super agréable. L'eau était bouillante, dehors il faisait frais, le contraste était parfait. C'était vraiment propice à la détente. Un moment magique que je ne revivrais pas cent fois. Autant le vivre à fond.

Le mec s'est approché du jacuzzi avec une bouteille de champagne, il a rechargé nos coupes, il a caressé les cheveux de sa femme, et c'est là que tout a commencé, je crois. Elle est venue vers moi, qui me tenais quand même à l'écart, elle a attrapé ma main et touché sa bague – que je portais déjà, en murmurant qu'elle m'allait bien. Puis elle a caressé ma joue et a déposé ses lèvres sur mes lèvres. Je nageais, ou plutôt flottais, en plein délire. Mais j'étais excitée, même follement excitée, et j'ai choisi de me laisser faire.

Une petite voix dans ma tête ne cessait de s'agiter : Mais qu'est-ce que tu fais ? Et le mari, il trouve ça normal ? C'est un plan à trois, un traquenard ? Qu'est-ce que tu fous là, ma pauvre fille ? Tu as cru que tu étais dans un film ?...

"J'étais à la fois très absente et à la fois très présente, tellement mon corps était en ébullition"

Le baiser de cette fille était si tendre et érotique que je ne bougeais plus. J'étais figée dans le jacuzzi, pétrifiée même, et en même temps je ressentais du plaisir. Incapable de faire quoi que ce soit, il m'était de toute façon plus facile de ne rien entreprendre. J'avais envie qu'elle continue, j'avais peur que ma passivité freine son élan, mais non. Elle a continué. Elle a glissé ses mains sur mon soutien-gorge imbibé d'eau, elle l'a retiré, elle a caressé mon ventre et commencé à parcourir mon corps. C'était super bon, en fait. J'en garde un souvenir très doux. J'étais à la fois très absente et à la fois très présente, tellement mon corps était en ébullition.

Ce qui a tout stoppé, c'est l'arrivée de son mec dans le jacuzzi. Ce qu'ils avaient en tête, c'était sans doute de faire l'amour à trois. Peut-être que c'était chez eux une habitude. Ou peut-être que c'était un défi de voyage de noces, une envie de transgresser à Paris. Je n'en sais rien, mais j'ai paniqué. Disons que, déjà, faire l'amour avec une femme m'attirait, me titillait, mais que j'étais bloquée, pas vraiment détendue, aussi parce que je savais qu'il était là. Alors à trois, avec son mari, impossible. J'ai bafouillé, je me suis excusée, je me suis rhabillée en quinze secondes, et toute trempée, j'ai quitté l'hôtel.

"Je doute presque d'avoir vécu tout ça, mais je ne regrette rien, même pas d'être partie en plein milieu"

J'ai pris un taxi, il était cinq heures du matin. J'étais tremblante. Je ne réalise toujours pas bien. Pour autant, je dois avouer m'être masturbée en rentrant chez moi, car l'excitation ne redescendait pas, et que cette femme, pour toujours, incarnera ce fantasme que je ne réaliserai pas, du moins je ne pense pas. J'y ai touché, mais je ne ressens pas le besoin d'aller plus loin.

Je dis ça mais c'est tout frais. Quinze jours à peine. Et quand je repasse dans cette rue du VIe pour aller à la fac, car je suis encore étudiante, mon ventre se serre. Je doute presque d'avoir vécu tout ça, mais je ne regrette rien, même pas d'être partie en plein milieu. J'ai goûté à quelque chose d'un peu fou, parce que je ne connaissais pas ces gens, parce que j'ai franchi mes limites mêmes si d'autres étaient insurmontables. Mais ça m'a appris des choses, ça m'a fait du bien, ça a éveillé mon corps, il me semble. J'ai l'impression que mon désir sexuel est fou, en ce moment. Je n'ai pas de mec, pas d'opportunités, mais j'ai très envie d'un corps à corps, très envie de rencontrer mon plaisir, de m'explorer. Je pensais me connaître sexuellement parlant, même si j'avais conscience que le temps et les histoires m'en apprendraient toujours. Mais là, j'ai le sentiment que tout ce que j'ai à découvrir est infini, bien plus grand et plus fou que ce que je ne pensais. 

"Mon dernier rapport sexuel, c'était avec une femme... enfin un couple" (Léa, 25 ans)
"Mon dernier rapport sexuel, c'était avec une femme... enfin un couple" (Léa, 25 ans)

J'ai une copine qui fréquente les beaux quartiers et a de l'argent à n'en plus finir. Elle est issue d'une une famille aisée. Ce qui ne l'empêche absolument pas de bosser en parallèle de ses études et d'avoir le sens des...