Cunnilingus : l'art de bien jouer de la langue

Le cunnilingus, on en parle, on en veut, on l’aime bien… Mais ce n’est pas toujours le septième ciel non plus. Avant d’accuser ces messieurs de mal s’y prendre, pourquoi ne pas voir de notre côté ce qu’on peut faire pour (enfin) le savourer ? 6 conseils pour prendre son pied et faire de cette pratique un vrai moment de bonheur.

Cunnilingus : l'art de bien jouer de la langue
© FOTOLIA

Ne nous voilons pas la face : si l'anatomie masculine n'a plus de secrets pour nous - et pour les principaux intéressés -, la réciproque n'est pas forcément vraie... Cela explique en grande partie pourquoi le cunnilingus n'est pas toujours synonyme de septième ciel pour les femmes auxquelles il est prodigué !

"Pour la femme, le baiser vulvaire est la plus excitante et la plus somptueuse caresse qu'on puisse lui faire. C'est une caresse humide, voire aqueuse. Or c'est très souvent dans un milieu aquatique que la femme a révélé sa sexualité : c'est sous un jet d'eau, sous sa douche ou dans sa baignoire, qu'elle a joui au mieux pour la première fois. Doux, fluide et chaud, à l'instar de l'eau, le baiser clitoridien ne peut qu'émerveiller la vulve. La rencontre de la bouche et de la vulve, c'est la rencontre des deux fentes les plus humides du corps."
Gérard Leleu, L'art du cunnilingus, éditions Leduc.s.

Cunnilingus : explications et mode d'emploi

Un cunnilingus, par définition, qu'est-ce que c'est ? Sans mauvais jeux de mots, un cunnilingus demande du doigté. Il s'agit d'exciter la vulve - et plus particulièrement le clitoris - à l'aide de la bouche, la langue, les lèvres, parfois les doigts, grâce à des pressions, léchages, frottements bien ciblés. Si votre partenaire sait bien s'y prendre, il peut vous mener jusqu'à l'orgasme. S'il est novice et n'est pas à l'écoute, il se peut que son cunnilingus vous laisse indifférente, voire... vous fasse mal. Ce n'est sans doute pas évident à avouer à son conjoint - par ailleurs un excellent amant -, mais si vous savez l'aiguiller, le cunnilingus peut devenir une réelle source de plaisir...

Bien entendu, évitez de lui dire, pendant qu'il tente de bien faire, à quel point il est nul. Son orgueil va en prendre un coup - et votre relation aussi. Évoquez le sujet avec lui à un moment privilégié, où votre complicité compensera la rudesse de la vérité, et soyez à la fois diplomate et explicite : il faut qu'il comprenne bien ce que vous lui dites. Expliquez votre ressenti, décrivez vos désirs, ce que vous aimeriez qu'il fasse, concrètement. Et rien que cela devrait ranimer son désir de vous combler !

Comment faire un cunnilingus parfait

Attention à la barbe !
Eh oui, faites attention à ce que votre barbe ne gratte pas trop. Ça peut vite faire mal et il y a risque d’irritation. Veillez à ce qu'elle soit douce ou rasez-vous de près.

Soyez propres
Mains propres, ongles propres, c’est mieux pour partir en recherche.

Débarquez en douceur
Faites monter le plaisir en embrassant d’abord son bas de ventre, l’intérieur de ses cuisses et sa culotte si elle la porte encore. Si le cunnilingus fait souvent partie des préliminaires, il mérite ses propres préliminaires.

Trouvez son clitoris
Il gonfle avec l’excitation, vous ne pourrez pas le louper en écartant ses lèvres. Si elle n’est pas encore assez excitée, continuez de la titiller mais ne foncez pas droit au but. Un cunnilingus n’est que meilleur quand on l’attend.

Soyez doux
Le clitoris est très sensible. Caressez-le avec votre langue de façon circulaire ou de bas en haut, puis de haut en bas, avec douceur et tendresse.

Osez un peu de pression
Si vous sentez qu’elle aime ça, vous pouvez être plus énergique et effectuer de légères pressions avec votre langue (mais tout doux quand même).

Rangez vos dents
Si vous voulez la pincer pour instaurer un peu de sauvagerie, vous pouvez mordre ses lèvres avec… vos lèvres. Pas avec vos dents.

Soufflez
Comme si vous souffliez vos bougies, en fait. Un peu de souffle chaud sur le clitoris ou les lèvres, c'est agréable. Mais ne soufflez pas pendant deux minutes non plus.

Soyez attentif
Si elle respire plus fort et plus vite, c’est bon signe. Mais si son corps se crispe, questionnez-la : ça peut être de plaisir, mais aussi de douleur. Cette réaction est un faux ami. De même si elle bouge trop, elle cherche peut-être un angle nouveau car ce n’est pas plaisant.

N’oubliez pas les lèvres
Vous pouvez aussi les lécher de bas en haut et jouez à l’entrée du vagin. Votre langue peut être utilisée comme un "petit pénis" qui tente une pénétration.

Changez de position
Le cunnilingus, comme la fellation, peut se faire dans n’importe quelle position. Changez. Madame peut être assise ou bien au-dessus de vous qui êtes allongé. D’autant plus que ça vous évitera d’avoir mal au cou.

Utilisez vos mains (et vos doigts)
Soit pour saisir ses fesses, ses hanches, caresser ses seins (si vous avez de grands bras) ou bien pour aller chercher son point G. Un petit doigt en même temps qu'un jeu de langue et c'est la folie.

Humidité bonjour
Plus le sexe féminin est humide, mieux c'est. Entre son excitation et votre langue, tout va bien. Mais évitez les lendemains de cuite où vous avez la bouche trop sèche.

Faites un cunnilingus et seulement un cunnilingus
ll est bon parfois que le cunnilingus ne soit pas seulement un acte préliminaire parmi d’autres. Pourquoi ne pas offrir à votre compagne un moment à elle, sans penser à la pénétration qui s’ensuivra ?

Ne lâchez rien
Si vous sentez que le plaisir est au rendez-vous et que l’orgasme approche, ne changez pas ce que vous êtes en train de faire. Conservez le même mouvement, la même pression.

Pour en savoir plus : L'art du cunnilingus, de Gérard Leleu, aux éditions Leduc.s.
Et merci à Elise Sequalino, sexothérapeute.

Comment apprécier le cunnilingus

Je me détends
La gynéco vous a déjà dit pendant un frottis "relâchez-vous Madame" ? C’est pareil pour le cunnilingus : relâchez-vous ! Souvent, notre corps se tend à l’idée qu’une tête s’immisce dans notre entre-jambes. Alors au maximum, on se décontracte et on s’enfonce dans le matelas. Ce sera meilleur (enfin pour le frottis, on ne sait pas).

Je suis égoïste
S’il y a bien un moment dans sa vie où on peut oser penser à soi, rien qu’à soi, c’est pendant le cunnilingus. Votre homme s’occupe de vous et vous n’avez qu’à profiter. Laissez vos fantasmes s’exprimer. Si vous avez envie à ce moment-là d’imaginer Bradley Cooper ou Jake Gyllenhaal, tant mieux. Votre homme rêve de vous voir grimper. Et ça ne veut pas dire qu’il ne vous plaît pas si soudainement il devient américain (et acteur).

Je guide mon homme
On évite de le laisser en pilote automatique si ses gestes ne nous conviennent pas. On active le GPS et on l’oriente. Sans râler ou être trop directe, on n’hésite pas à se servir de nos mains pour replacer sa tête ou à lui confier que là, on a mal. Rien ne sert de simuler pour l’encourager : il pensera que sa façon de faire nous excite. Or le couple, c’est aussi se dire les choses pour s’éclater ensemble au lit.

Je ne pense pas à mon minou
Ce qui bloque parfois et empêche de profiter, c’est cette drôle de façon qu’on a de penser à notre sexe et à la vision que notre homme en a en gros plan. On craint d’avoir trop de poils, de ne pas avoir une jolie peau ou d’avoir "le sexe moche". Parfois même, d’avoir de mauvaises odeurs. Du coup, on se demande ce qu’il ressent et on oublie de se concentrer sur ce que nous on ressent. En passant, on note que les hommes sont très visuels : ils adorent observer notre corps de très près. Donc bon ?

J’innove
Allez, on ose le dire : chaque fois qu’on reçoit un cunni, c’est dans le lit. Alors que quand on fait une fellation à notre chéri, c’est aussi bien sous la douche que sous la table, dans la voiture ou sur le tapis du salon. Pourquoi on ne pourrait pas jouer au même jeu ? Tentons d’imposer notre envie de cunnilingus un peu partout histoire de le redécouvrir. On note que sous la douche, on se sentira toujours propre et ça, ça relaxe.

Je réclame
Peut-être que notre homme, s’il nous fait des cunnilingus, n’en fait pas beaucoup. On n’en demande pas à la pelle non plus, mais on ne doit pas oublier que pour apprécier, il faut y goûter encore et encore. C’est bien comme ça qu’on est devenu accro au café ou aux brocolis. Alors on se permet de guider son homme vers le bas. Merci de descendre, ce matin j’ai très envie.

Je relâche la pression
Si quand notre homme entreprend un petit tour vers notre minou, on croise les doigts en pensant "pourvu que j’aime ça", on démarre mal. C’est comme courir après un orgasme : ça le fait courir plus vite que nous et il est en général impossible à rattraper. On laisse le moment battre son plein. Si ça ne nous fait aucun effet, tant pis pour aujourd’hui. Et ça tombe bien, parce qu’on a très envie d’une levrette, là, maintenant, tout de suite.

Merci à Elise S., sexothérapeute