La sodomie, et si j'essayais

La sodomie, c’est comme passer à une coupe courte ou se mettre au théâtre : ça fait longtemps qu’on y pense mais on n’ose pas sauter le pas. Comment se lancer ? Que faut-il savoir avant ? Nous avons interviewé Frédéric Six, sexologue clinicien, qui nous dit tout !

La sodomie, et si j'essayais
© FOTOLIA

La sodomie est-elle toujours une pratique taboue ?
De moins en moins. La sodomie, peu pratiquée en France jusqu’aux années 60, et a été popularisée par les films pornographiques, selon le Petit Larousse de la Sexualité. Aujourd'hui, c'est une pratique en plein essor : 37 % des femmes et 45 % des hommes disent avoir utilisé la sodomie en 2006 selon une des dernières études fiables réalisée par l'Inserm.

Est-ce vrai que les hommes adorent ça ?
De manière générale, les hommes ont surtout envie d’essayer la petite porte arrière car ça semble davantage excitant du fait du côté tabou et interdit. Le petit avantage de la sodomie réside dans le fait que le sexe qui s’y introduit peut être bien plus serré et comprimé, ce qui augmente le plaisir que l’homme peut ressentir. A contrario, si la pression est trop forte, l’introduction et les frictions peuvent devenir douloureuses pour l’homme et pour la femme.

Pourquoi les femmes sommes-nous généralement hésitantes ?
Premièrement, il n’existe aucune lubrification naturelle au niveau de l’anus. Ce qui rend donc le lieu relativement hostile à toute introduction : la peur d’être blessée et d’avoir mal est bien présente. Deuxièmement, c’est un lieu où passent et stagnent des substances dont l'odeur et l'aspect ne sont pas du tout érotiques, qui n’inspirent rien de glamour. Il faut donc un minimum de préparation et d’hygiène pour s’adonner à cette pratique et pour pouvoir tenter d’y trouver un quelconque plaisir.

Comment dire à mon partenaire que je suis tentée par la sodomie ?

Le plus important est d’en discuter ensemble avant tout passage à l’acte ; surtout si vous n’êtes pas à l’aise avec cette pratique. C’est une première étape fondamentale pour commencer. Rassurez-le et faites-lui comprendre que vous êtes suffisamment à l’aise avec votre corps et qu’il n’a aucun souci à se faire. Que vous irez progressivement mais ensemble ! C’est avant tout un jeu… Retenez bien ça. Dites-lui par ailleurs que ce n’est pas forcément par amour que vous le faites, mais bien par curiosité. Il se peut que votre compagnon ne soit pas non plus à l’aise avec un jeu sexuel de ce type. Mettez-vous d’accord avant de débuter. Voilà une véritable clé qui vous permettra de tester la sodomie sans risques pour votre couple.

Quelles sont les précautions à prendre pour se lancer ?
Soyez précautionneux : un lubrifiant à base d’eau est indispensable. Il est aussi important de dilater progressivement le sphincter pour éviter de lui faire mal. La dilatation peut se faire à l’aide des doigts ou d’un sextoy d’une longueur suffisante. Y introduire de petits sextoys du type «rouge à lèvre» peut être dangereux car si une contraction de l’anus à lieu, le petit objet risque d’être happé à l’intérieur. N’utilisez rien de cassant non plus ! Les derniers conseils seraient d’utiliser un préservatif pour justement éviter les possibles lésions que les frottement pourraient engendrer et si possible mesdames, ne vous crispez pas ; soufflez !

Peut-on avoir un orgasme avec la sodomie ? Comment en avoir un ?
Il faut savoir que la muqueuse ano-rectale possède de nombreuses terminaisons sensitives. Lorsqu’on introduit de manière trop brusque un doigt ou un sextoy ça peut provoquer des douleurs. Mais si l’on prend le temps de lubrifier correctement cette zone, l’introduction peut devenir soit neutre, soit même agréable et peut amener la personne à des plaisirs de type orgasmiques. Pourtant, l’anus ne possède aucun corpuscule de Krause, c'est-à-dire de récepteurs nerveux présents sur le gland du pénis et le grand du clitoris, mais tout endroit du corps stimulé avec intensité et volupté peut devenir érogène. Notons aussi la contiguïté du vagin qui donnera à la femme une perception d’être stimulée dans un lieu de jouissance. Ces sensations dues aux stimulations pourront entrainer des émotions considérées comme très agréables et, si celles-ci sont décodées par le psychisme comme étant suffisamment excitantes, elles auront la possibilité de faire réagir le corps de la femme vers un déclanchement de type orgasmique.

Quelles positions conseillez-vous pour un maximum de plaisir et zéro douleur ?
Il n’est pas toujours aisé pour une femme de se donner totalement et éperdument à son compagnon. Que va-t-il penser de moi dans cette positions ? est une question qui revient beaucoup. Quoiqu’il en soit, il est quand même recommandé d’opter pour une position dans laquelle il est facile d’écarter correctement les fesses. La première est la levrette. Elle est bien adaptée. Le missionnaire l’est tout autant. Pensez à un petit coussin sous vos fesses afin de faire basculer facilement vos genoux à hauteur de vos épaules et ainsi de prendre du plaisir ensemble avec la plus grande délicatesse qui s’impose.

Merci à Frédéric Six, sexologue clinicien. Retrouvez-le sur http://www.sexologiepositive.be/