La "salle de shoot" parisienne délocalisée dans l'hôpital Lariboisière

Si elle devait au départ être implantée derrière la gare du Nord, la première salle de shoot parisienne s'installera finalement dans les locaux de l'hôpital Lariboisière, quelques mètres plus loin. Un déplacement géographique qui ne met pas fin à la polémique.

La "salle de shoot" parisienne délocalisée dans l'hôpital Lariboisière
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En février 2013, Matignon autorisait à titre expérimental le lancement d'une salle de consommation de drogue de 200 m2 à Paris. Cette "salle de shoot", destinée aux toxicomanes dans une situation de grande précarité, devait au départ être implantée derrière la Gare du Nord, sur un terrain spécialement prêté par la SNCF.
Après plusieurs mois de controverse et la vive opposition des riverains, inquiets d'une éventuelle recrudescence du trafic de drogue, la salle a finalement été délocalisée pour s'installer 200 mètres plus loin, sur le site de l'hôpital Lariboisière.
Rémi Féraud, maire du Xème arrondissement, a déclaré à l'AFP que si l'emplacement définitif n'avait pas encore été décidé, "deux ou trois lieux possibles", en dur et en Algeco, ont été envisagés par l'établissement et l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris. Bernard Jomier, adjoint à la Santé de la mairie de Paris, a ajouté que le projet sera "adossé à l'hôpital" et que "l'accès ne se fera pas par la porte principale, mais par le côté".
Si le choix de cette nouvelle implantation est un soulagement pour les parisiens habitant près de la gare du Nord, il ne fait toujours pas l'unanimité. Déborah Pawlik, élue UMP du Xème arrondissement, estime qu'il ne règle pas le problème de fond : "Cela n'aidera pas les toxicomanes à sortir de la dépendance". Serge Legibot, président de l'association Parents contre la drogue, considère que cette décision "va satisfaire les riverains du boulevard de la Chapelle, mais pas ceux de Lariboisière". Il met également en garde contre le risque d'agressions et de vols auquel sera désormais soumis le service des urgences de l'hôpital.
L'ouverture de cette première salle de shoot parisienne ne devrait pas avoir lieu avant le début de l'année 2016. A l'intérieur, les toxicomanes ne pourront pas être poursuivis pour détention et usage illicite de stupéfiants, à condition que la quantité de drogue détenue se limite à un "usage personnel", et le personnel médical sera couvert par une immunité.
Alors que l'Assemblée Nationale a adopté le principe en première lecture au mois d'avril, le texte doit encore être examiné à l'automne par le Sénat.

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