Népal: les femmes sont les proies des pires trafics

Après les deux séismes qui ont eu lieu au Népal, un trafic d'êtres humains s'est mis en place. Les femmes et les enfants en sont les principales victimes. Ils seraient ainsi entre 10 000 et 15 000 à être enlevés pour devenir esclaves à l'étranger.

Népal: les femmes sont les proies des pires trafics
© Aftab Alam Siddiqui/AP/SIPA

Le 25 avril et le 12 mai derniers, le Népal a été frappé par deux séismes d’une magnitude de 7,3 et de 7,9. En plus des pertes humaines et des dégâts matériels constatés, ces catastrophes ont vu l’émergence d’un trafic d’êtres humains. Les femmes en sont les principales victimes. La plupart d’entre elles ont perdu leur mari, leur emploi, leur maison, ou sont séparées d’un conjoint retenu à l’étranger. Elles se retrouvent seules, sans ressources avec leurs enfants, et deviennent ainsi la proie des trafiquants. 
La traite des femmes et des enfants est devenue un véritable fléau au Népal. Un article de L’Obs rapporte que, selon les chiffres officiels, ils sont entre 10 000 et 15 000 chaque année à être contraints de devenir des esclaves domestiques ou sexuels, pour des particuliers ou dans des bordels, principalement en Inde ou dans les pays du Golfe. Perrine Savoie, chef du bureau de l’ONG française Planète Enfants à Katmandou, explique la façon de faire des trafiquants : "Il suffit qu’on promette [à ces femmes] un bon travail à l’étranger pour qu’elles s’envolent sans papier, sans garantie". Loin du travail espéré, elles sont en réalité retenues prisonnières et disparaissent dans l’indifférence générale. Seules 186 disparitions pour "traite" ont ainsi été signalées à la police en 2014.
Pour venir en aide à ces femmes, l’ONG française Planète Enfants agit en collaboration avec l’association Chhori - "fille", en népalais -, et les recueillent pour éviter qu’elles ne tombent entre de mauvaises mains. Les deux organismes ont ainsi pris en charge Laxmi. Elle a perdu onze membres de sa famille dans les séismes et son mari est à Dubaï pour des raisons professionnelles. Seule avec ses deux enfants, elle est dans une situation de grande fragilité.  

© Aftab Alam Siddiqui/AP/SIPA


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