Boko Haram : des femmes libérées au Nigéria racontent leur détention

L'armée nigériane semble gagner du terrain sur Boko Haram. La semaine dernière, les militaires ont libéré près de 700 femmes et enfants retenus par la secte islamiste dans la forêt de Sambisa. Les lycéennes de Chibok sont toujours introuvables.

Boko Haram : des femmes libérées au Nigéria racontent leur détention
© Sunday Alamba/AP/SIPA

Depuis la semaine dernière, l’armée nigériane a lancé une opération de grande ampleur dans la forêt de Sambisa, l’un des principaux bastions de Boko Haram, au nord-est du pays. Les militaires assurent avoir libéré près de 700 femmes et enfants retenus prisonniers par le groupe islamiste. Après leur arrivée dans un camp de réfugiés proche de la ville de Yola, certaines ont raconté leur calvaire et leurs conditions de détention.
L’une d’elle, baptisée Asabe Umaru, a raconté son quotidien et ses conditions de vie à l’agence de presse Reuters. "Chaque jour, l'une de nous mourrait. Nous attendions notre tour. Nous n'avions pas le droit de bouger d'un pouce, nous restions tous au même endroit, c'était de l'esclavage. Si vous vouliez aller aux toilettes, ils venaient avec vous". Selon d’autres témoignages, les prisonnières étaient également constamment menacées d’être vendues comme esclaves ou mariées aux combattants de la secte.
Mais la libération des otages n’a pas marqué la fin de leur martyre. Asabe Umaru précise que dix femmes sont mortes avant d’arriver au camp de réfugiés à cause de maladies qu’elles avaient contractées ou de la sous-nutrition. D’autres ont également péri en chemin suite à l’explosion de mines antipersonnel installées dans la forêt par Boko Haram, ou ont été écrasées par des chars de l’armée alors qu’elles se cachaient dans des buissons.
Si cette opération est l’une des plus spectaculaires de l’armée nigériane, ce succès est toutefois à tempérer puisque les 276 lycéennes enlevées à Chibok le 14 avril 2014, à l’origine du mouvement de solidarité internationale "Bring Back Our Girls", ne figurent manifestement pas parmi les rescapées. Selon Amnesty International, plus de 2 000 femmes ont été enlevées par Boko Haram depuis 2013.

Des femmes et enfants sauvés par l'armée nigériane © Sunday Alamba/AP/SIPA

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