Une excellente Amy

Présenté à Cannes, le documentaire sur Amy Winehouse nous chante la détresse de l'artiste soul, décédée en 2011. Pendant plus de 2 heures, la diva se craquelle pour nous laisser apercevoir une jeune femme fragile, touchante. Un decrescendo qui laisse une boule au ventre.

Une excellente Amy
© Mars Distribution

D'Amy Winehouse, on connaît la voix éraillée, le trait d'eyeliner, la coiffure proéminente et les addictions. Avec Amy, Asif Kapadia a voulu gratter l'image de pin-up rétro abîmée.
Sans avoir lu aucune biographie sur celle qui a rejoint le club des 27 en 2011, le réalisateur a construit son documentaire à partir de témoignages de proches, de films personnels et d'archives d'émissions.
L'Anglaise passionnée de jazz s'offre à nous de son adolescence entre copines à son succès destructeur. On la découvre rieuse, pétillante, passionnée, avant que l'amour, la drogue et l'alcool ne diluent sa voix de vivre.
On se retrouve tétanisé, presque gêné de s'inviter ainsi dans l'intimité de la star. Une attraction fatale qui nous pousse à assister à sa descente aux enfers, précipitée par un mari dévastateur et un père avide d'argent. Amy, l'ado boulimique qui aime écrire des poèmes, devient une junkie déboussolée, une machine à s'auto-détruire. Ses textes hantent le documentaire et nous bouleversent. On comprend l'ampleur de la détresse derrière Rehab et Back to Black. Quand elle entonne le fameux You Know I'm No Good de sa voix habitée, Amy Winehouse finit de nous convaincre de l'inverse. Terrible destin.

Amy, au cinéma le 8 juillet.

Voir aussi :